Descriptif de la chapelle

 

Située place de la Plâtrière, sur les flancs du Mont Anis, la chapelle est bâtie sur une ancienne carrière de gypse, dont la pierre à plâtre fut exploitée jusqu’à la fin du 18 e siècle.

Cette chapelle au style classique et sobre, fut édifiée en 1655 pour le couvent de l'ordre la Visitation.

Elle servit de tribunal pendant la Révolution.
Des prêtres réfractaires y furent jugés et condamnés à mort ainsi que de nombreux catholiques.

Le chef de la chouannerie du Velay, jugé et condamné en ce lieu, y fut assassiné.

L’histoire de cette chapelle nous plonge au cœur de la résistance catholique et royaliste. Elle fut le témoin de la vivacité de la chouannerie du Velay, seconde Vendée dans la foi et dans la bravoure.

La chapelle, témoin de la Chouannerie du Velay

 

François Dominique Cavey de La Motte est un personnage d’envergure. Né le 15 septembre 1759 en Normandie, d’une famille de militaires au service du Roi. Il fit son apprentissage au régiment de La Fère. Alors qu’il était lieutenant en 1782 un rapport dit de lui : ‘il n’y a que du bien à dire de ce jeune officier, attaché à son service, il remplit exactement ses devoirs et a une bonne conduite’.

François de La Motte était un homme intelligent et de bon esprit. En1789 il s’engagea au service du Roi. Il quitta son poste en 1791 et entra au service des princes de Condé en tant que commandant en chef de l’artillerie des princes. Il participa aux campagnes militaires avec beaucoup de bravoure, mais blessé d’une balle dans le ventre, il rentra en France où son amitié avec le marquis de Designan le conduisit en Ardèche.

Il fonda la compagnie des Ganses blanches en avril 1795 à Chevrières en Forez. Le 5 mai 1796 autour du lac d’Issarlès, le Comte de la Motte et le Marquis de Surville furent proclamés chefs du mouvement contre révolutionnaire. L’article 1 de ce mouvement stipule : ‘L’obligation que Dieu nous fait de rétablir les Saints Autels et le trône de nos rois, fils aînés de l’Église, de prêter une assistance continue au Roi pour rétablir les anciennes lois de son État, à l’abri desquels nos anciens vécurent heureux pendant quatorze siècles.

L'article 2  : 'Faire revivre dans son premier éclat et dans toute sa pureté la religion catholique, apostolique et romaine. Telle est irrévocablement la tâche honorable à l’exécution de laquelle nous jurons de sacrifier nos repas, notre fortune et notre vie’.

En 1795 il rassembla au col du Pertuis un camp de 30000 hommes qui inspira une grande crainte aux révolutionnaires du Puy. Fin 1796, le Comte de La Motte licencia son armée car les Bleus ‘se tenaient tranquilles’ dans la ville du Puy. Avec une petite troupe de fidèles aguerris il continua son œuvre de délivrance de prisonniers, de justicier envers les exactions, délivrant les captifs, barrant la route aux soldats, protégeant les prêtres réfractaires dans leur apostolat. C'est au cours d'une de ces missions qu'il fut dénoncé par un nommé Enjolras, prêtre apostat. Arrêté à La Narce, il comparut devant le tribunal révolutionnaire, place de la Plâtrière, le 17 avril 1797. Dans la prison du tribunal, le 5 octobre 1797, il fut criblé de coups de baïonnette, il avait 38 ans.

La chapelle, témoin des "crimes" des contre-révolutionnaires

 

Les actes d’accusation du tribunal révolutionnaire portent :

- sur des insultes contre les prêtres jureurs, (ex : les Béates sont accusées d’insultes envers des prêtres jureurs. À Saugues un drap mortuaire et des têtes de mort accueillent le prêtre jureur...)

- sur l’enlèvement de prêtres réfractaires arrêtés par la gendarmerie pour être condamnés (ex : enlèvement du prêtre de Saugues, enlèvements spectaculaires à Saint Fortunat, à Yssingeaux, à Saint Rémi. L’abbé Pighon protégea l’un de ses fidèles qui venait le délivrer et fut atteint mortellement d’un coup de sabre. Au Monastier, les abbés Dauthier et Sauvert, curés réfractaires, furent enlevés par les contre révolutionnaires ...)

- sur le vol des clefs de l’Église afin d’empêcher le culte constitutionnel (à Saint Pal en Chalencon l’administration est obligée de fermer l’Église, à Saint Germain Laprade, à Yssingeaux…)

- sur le vol des cloches de l’Église (pour empêcher l’application du décret constitutionnel stipulant que toutes les cloches doivent être conduites au Puy pour y être fondues : à Rosières 1797 les ‘chouans’, volent et cachent les cloches, à Allègre…),

- sur la protection de prêtres réfractaires, et sur le refus des messes assermentées, (ex : des paroissiens des Estables comparaissaient sur plainte d’un  prêtre jureur, qui, agacé de se trouver en face d’une église vide, en fit le reproche aux paroissiens ; le dimanche suivant, quand il ouvrit les portes de l’église, il la trouva remplie de porcs, et les villageois en se moquant de lui, disaient qu’ils lui avaient trouvé des paroissiens dignes de lui.)

- sur le vols des biens nationaux (ex : au procès du 29 décembre 1797, les contre révolutionnaires déclarent : ‘nous ne connaissons ni nation, ni supérieurs qui envahissent les propriétés des honnêtes gens’.

- une vingtaine d’attaques à coup de pierre ou de bâtons et d’insultes contre des prêtres jureurs sont recensées.

- le plus grand crime jugé est l’atteinte à l’arbre de la liberté, emblème de la Révolution (ex : arbres détruits à la hache ou brûlés, autels de la Révolution saccagés, à la Chaise Dieu, à Allègre, à Saint Paulien : 18 cantons sont placés sous haute surveillance…)

La chapelle, témoin
de prêtres martyrs

 

Claude du Grail naquit le 21 juillet 1760, à Saint Agrève-et fut baptisé le jour même. 

Il fit ses études classiques au collège du Puy-en-Velay. Entré au séminaire, il fut ordonné prêtre en septembre 1791. L’abbé du Grail refusa de prêter serment et la persécution se déchaînant, il fut contraint à fuir sur les hauts plateaux du Mézenc.

En 1794, l’abbé Claude du Grail fut dénoncé. Arrêté, il comparut devant le tribunal révolutionnaire, qui siégeait dans la chapelle de la Visitation. Avec autant de fermeté que de courage, il témoigna de sa fidélité à l’Église catholique et fut condamné à mort.

L’abbé Jean-Jacques Gérentes, fut arrêté le 11 décembre 1793 dans un hameau de Tence. Son acte d’accusation soulignait qu’il était non seulement un prêtre réfractaire mais en plus, au comble du sacrilège, il avait poussé le ‘fanatisme’ jusqu’à outrager l’arbre de la liberté !

Les deux prêtres, emprisonnés ensemble, s’encouragèrent jusqu’au pied de l’échafaud.

Leurs dépouilles mortelles furent jetées dans une fosse commune au cimetière des Carmes, afin que l’on ne puisse pas les vénérer comme martyrs.

La mère de l’abbé du Grail et sa sœur, religieuse visitandine, furent contraintes de faire le tour de l’échafaud dégoulinant de sang.

La chapelle, témoin
de prêtres martyrs

 

Claude du Grail naquit le 21 juillet 1760, à Saint Agrève et fut baptisé le jour même. 

Il fit ses études classiques au collège du Puy-en-Velay. Entré au séminaire, il fut ordonné prêtre en septembre 1791. L’abbé du Grail refusa de prêter serment et la persécution se déchaînant, il fut contraint à fuir sur les hauts plateaux du Mézenc.

En 1794, l’abbé Claude du Grail fut dénoncé. Arrêté, il comparut devant le tribunal révolutionnaire, qui siégeait dans la chapelle de la Visitation. Avec autant de fermeté que de courage, il témoigna de sa fidélité à l’Église catholique et fut condamné à mort.

L’abbé Jean-Jacques Gérentes, fut arrêté le 11 décembre 1793 dans un hameau de Tence. Son acte d’accusation soulignait qu’il était non seulement un prêtre réfractaire mais en plus, au comble du sacrilège, il avait poussé le ‘fanatisme’ jusqu’à outrager l’arbre de la liberté !

Les deux prêtres, emprisonnés ensemble, s’encouragèrent jusqu’au pied de l’échafaud.

Leurs dépouilles mortelles furent jetées dans une fosse commune au cimetière des Carmes, afin que l’on ne puisse pas les vénérer comme martyrs.

La mère de l’abbé du Grail et sa sœur, religieuse de l'ordre de la Visitation, furent contraintes par les révolutionnaires à faire le tour de l’échafaud dégoulinant de sang.

La chapelle, témoin de l’autodafé de Notre-Dame

 

La statue de Notre Dame du Puy, sculptée par le prophète Jérémie et rapportée par saint Louis de sa captivité en Égypte, passa-t-elle devant le Tribunal révolutionnaire ?

Toujours est-il qu’en janvier 1794, elle fut enlevée de la Cathédrale du Puy et dépouillée de ses ornements précieux.

Le dimanche 8 juin, jour de la fête nationale (et de la Pentecôte...), Louis Guyardin, envoyé de la Convention nationale en Haute-Loire fit brûler la vénérable statue place du Martouret, à coté de la guillotine. Du dos de la statue, une petite porte s’ouvrit, d’où s’échappa un parchemin que l’on ne pût récupérer.

La chapelle, témoin de la foi de l’évêque du Puy

 

Né en 1736, Mgr de Gallard devint évêque du Puy en 1774. En 1790, il refusa publiquement d’adhérer au serment constitutionnel et interdit ses prêtres et ses fidèles d’y adhérer. À l’élection de Delcher, prêtre jureur, Mgr de Gallard déclara que cette élection à l’épiscopat, était illicite et sacrilège et qu’il restait l’évêque du Puy.

Mgr de Gallard fut jugé ‘réfractaire’ et dut s’exiler à Saint Maurice en Suisse. De là, il organisa la résistance dans son diocèse. Il fut très suivi dans toutes les classes de la société. En 1791, 255 des 400 prêtres du diocèse refusèrent de prêter serment. Trois vagues de rétractations lancées par Mgr de Gallard ramenèrent 63% des prêtres jureurs.

En 1794, 63 prêtres réfractaires furent guillotinés ou fusillés. Tous ont témoigné de leur foi devant le tribunal place de la Plâtrière. D’exil, Mgr de Gallard soutient et exhorte son diocèse, il ordonne les séminaristes qui à grand péril arrivent jusqu’à lui. Le Saint évêque meurt en Suisse en 1802.

La chapelle, témoin de sainteté

 

L’abbé Vacher, l’abbé Chabrier et l’abbé de Touche d’Yssingeaux, qui refusèrent de prêter serment à la constitution,  furent arrêtés, livrés au tribunal de la Plâtrière et condamnés à mort.

Mgr de Gallard alors exilé en Suisse à Saint Maurice fit l’éloge de ces saints prêtres dans une circulaire adressée aux prêtres de son diocèse : ‘ils se sont montrés dignes des martyrs, ne manquons pas de les prendre pour protecteurs et pour modèles’.

 

Le ‘18 fructidor’ ramena la terreur : 40 prêtres du diocèse furent jugés et condamnés à être déportés à Rochefort. Conduits de brigades en brigades avec les malfaiteurs, certains furent embarqués sur le Bayonnais à destination de Cayenne, dans des conditions telles, que seul l’abbé Raymond, vicaire de Langeac, arriva en vie.

Les autres prêtres furent prisonniers sur les pontons de l’île d’Aix et de l’île Madame dans des conditions effroyables : entassés dans les soutes des mois durant, dans le froid, la faim, les maladies, et les sévices. Beaucoup moururent.

La Croix des Galets sur l’île Madame en Charente maritime rend hommage à ces nombreux prêtres martyrs.

D'autres prêtres du diocèse comme les abbés Claude Pons, Jean Boucharend de Chaumeils, et Matthias Nogier, massacrés pour leur foi à Saint Joseph des Carmes à Paris, furent  béatifiés par Pie XI en 1926.

La chapelle, témoin du Jubilé de 1796

 

L’abbé de Rachat, administrateur clandestin du diocèse du Puy, reçut une lettre de Mgr de Gallard alors en exil à Saint Maurice en Suisse, qui déclarait l'ouverture du Jubilé de Notre-Dame du Puy 1796.

Mgr de Gallard avait présidé le Jubilé de 1785 avec beaucoup de solennité. Sa lettre ouvrait le Jubilé de 1796, du Jeudi Saint après les vêpres jusqu’au vendredi suivant. Les conditions demandées étaient : la contrition et la confession à un prêtre non-jureur, dire les prières aux intentions du souverain pontife dans un oratoire, maison ou lieu de réunion des fidèles catholiques.

À la suite de cette lettre, un Bref du Pape Pie VI du 29 janvier 1796 autorisait l’évêque du Puy (Mgr de Gallard) à publier le Jubilé dans son diocèse lui laissant le soin d’en substituer les lieux en vertu de la prudence. Le pape disait :

 ‘le faux évêque intrus dans votre diocèse a eu la témérité de faire publier par de coupables adhérents le privilège de votre cathédrale, et l’indulgence du Jubilé ! Nous chargeons notre vénérable frère, (Mgr de Gallard) de défendre hautement à tous les fidèles d’avoir aucun égard à tous les mandements, lettres et discours émanés de lui ou de ses ecclésiastiques, d’avoir aucune communication avec eux ; et de leur dire qu’ils ne peuvent, sans se rendre coupables du plus grand crime et sacrilège, aller prier dans la cathédrale ni aucune des églises qui sont sous le pouvoir de l’évêque intrus et de ses adhérents.’ Rome 29 janvier 1796.

Le mandement arriva dans des persécutions trop intenses pour qu’il puisse être mis à exécution, Espérant une amélioration, Mgr de Gallard obtint donc du Pape que le Jubilé fut transféré à l’octave des apôtres saint Pierre et saint Paul. L’ouverture du Jubilé se fit donc clandestinement à cette date. Les prêtres parcoururent les campagnes pour prêcher le Jubilé, confesser (parfois 6h durant) et apporter les communions.

La chapelle, témoin d’un échec des révolutionnaires

 

Le procès des compagnons de Jéhu se voulait exemplaire. L’acte d’accusation était : ‘membres d’une conspiration formée contre la sûreté intérieure de la République’.

Malgré les 26 jours de procès et l’état de siège au Puy, il y eut peu de comparutions, peu de condamnations et l’évasion des 3 condamnés à mort.

Certains ont parlé des compagnons de Jésus, d’autres ont attribué le nom de ce groupe à l’épisode biblique où Jéhu vengea l’honneur de Dieu des adorateurs de Baal et rétablit le trône d’Israël.

En savoir plus sur la dévotion au Puy :

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